lundi 23 octobre 2017

Les murs des villes



A la dixième lune
lorsque le vent 
disperse les feuilles rouges
sans autre raison
tout paraît triste

Fujiwara no Takamitsu







Toute la nuit
je la passerai à la regarder
la lune d'automne- 
puisse-t-il ce soir dans le ciel
n'y avoir pas de nuages! 

Taira no Kanemori


Images anonymes, passage de Charonne

vendredi 13 octobre 2017

Parfait? Imparfait?







Kintsugi




Kintsugi, Gintsugi et Urushi-Tsugi sont trois termes qui, à eux seuls, peuvent résumer tout un pan du rapport à l'objet en Asie, très éloigné de notre conception occidentale.
En effet, dès qu'une céramique se brise sous nos cieux, son destin est de rejoindre le dépotoir le plus proche et les grandes pièces de collection voient leur prix chuter de façon drastique, quand elles ne perdent pas tout simplement toute valeur aux yeux des collectionneurs. 






 Historiquement, il est dit que le Shogun Ashikaga Yoshimasa ( 1435 - 1490 ) ayant cassé son bol à thé favori, émis le souhait de voir ce dernier réparé. Le bol fut alors renvoyé d'où il provenait, c'est-à-dire de Chine, dans les mains d'artisans réputés habiles et pouvant satisfaire la demande du souverain. Après un long moment, le bol revint au Japon, mais le Shogun ne fut pas satisfait de la réparation : en effet, les morceaux étaient tenus entre eux par des agrafes métalliques plus que disgracieuses et qui ne rendaient pas réellement l'objet utilisable puisque ne comblant pas les fissures entre chaque morceau. Ashikaga Yoshimasa aurait alors demandé aux artisans japonais de trouver une technique susceptible de pallier aux problèmes posés par la réparation avec des agrafes : la réparation à la laque d'or ou Kintsugi était née de cette recherche ...





Parfait ? Imparfait ?
Et vous?



 mousse en fleurs
dans ses petites cicatrices- 
Jizo de pierre

Issa



 




https://the-et-ceramique.blogspot.fr/2012/07/kintsugi-et-gintsugi-un-autre-rapport.html

dimanche 8 octobre 2017

Marcher vers...?




Lune claire d’automne -
j’eus beau marcher, toujours lointaine,
dans un ciel inconnu





Chiyo-ni (Trad. par Daniel Py d’après Haiku de R.H. Blyth)

Chiyo Ni, la nonne bouddhiste Chiyo...
Est-elle découragée d'avoir marché, encore et encore et encore toute sa vie, vers cette lune, toujours aussi lointaine? 

Ou bien se réjouit-elle seulement d'avoir pu la contempler...?

Et nous, marcheurs de l'absolu, que verrons-nous quand nous ouvrirons vraiment les yeux?









images: heartconnection

dimanche 1 octobre 2017

Gathas du jardin




Assise dans le jardin 
Je fais le vœu
Avec tous les êtres
De garder la fraîcheur de ce matin
Même au plus noir de l'hiver 


 

Assise dans le jardin
Je fais le vœu
Avec tous les êtres
De reconnaître l'importance de chacun
Dans le bouquet du monde

 


Assise dans le jardin
Je fais le vœu
Avec tous les êtres
De me souvenir que fleurs blanches
 fleurs roses fleurs jaunes
Toutes sont aussi belles

Lulena

lundi 18 septembre 2017

Un silence d'or

C'est un pays éternel où la neige n'existe pas, ni la pluie. Même le vent ne passe pas.
 

Quelques étoiles brillent dans une nuit froide et claire. Mais c'est le silence qui gouverne. 
Un silence d'or où les échos n'ont pas de place.
 

Un mur blanc est dressé autour, quelques gardiens veillent à la frontière.
 

Tout le monde a un passeport, tout le monde est invité. Le chemin n'est pas très connu, pourtant le premier pas s'ouvre dans le coeur et le dernier dans le vide.

 


La nature se glisse sous la porte, silencieuse comme un coucher de soleil,
 

aussi bruyante que la pleine lune au mois de mai.
 

Elle entre dans ton sang, lèche tes blessures, et t'enseigne ses leçons éternelles:
 

l'herbe qui pousse, le sol couvert de neige, et l'orage qui gronde à l'est.
 

Tu restes là, nue, soutenue par un souffle de tendresse.




Mary Newcomer

Encre: Maruo Renshi: " Shin: le coeur ( l'esprit)"

jeudi 14 septembre 2017

Et encore encore un peu...au fond de la mer



Au fond de la mer il y a de blanches 

frayeurs,
 
Où les plantes sont des animaux
 
Et les animaux des fleurs.

Sophia de Mello «  Au fond de la mer ».




Photo: Pierre







Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...