samedi 21 janvier 2017

La verdadera luz- la véritable lumière...


Gatha de Kanzéon

Je prends refuge en Kanzéon,
le bodhisattva qui donne,
le bodhisattva qui révèle les bonnes graines de notre karma.
Grâce à Kanzéon,                           
nous pouvons voir

 la véritable lumière du Buddhadharma.
Grâce à Kanzéon,
nous pouvons purifier notre vie.

En voyant Kanzéon,
nous entrons dans le bonheur éternel;
en répétant le nom de Kanzéon,
nous entrons dans la pure lumière du Bouddha.

De l’aube au couchant,
nous répétons le nom de Kanzéon,
de l’aube au couchant,
nous gardons nos coeurs tournés vers 
Kanzéon.
De l’aube au couchant, nous sommes un avec 
Kanzéon
 
Kanzeon
Tomo refugio en Kanzeon,
aquél que da, aquél quien revela
nuestras buenas semillas del Karma;
gracias a Kanzeon podemos ver
la verdadera luz del Buda Dharma.

Gracias a Kanzeon podemos purificar nuestra vida;
orando Kanzeon entramos en la eterna felicidad:
repitiendo el nombre de Kanzeon,
entramos en la pura claridad del Buda.

De la mañana a la noche
repetimos el nombre de Kanzeon.
De la mañana a la noche mantenemos
nuestros corazones vueltos hacia Kanzeon.
De la mañana a la noche, somos uno con 
Kanzeon.



dimanche 15 janvier 2017

Faire venir l'hiver




Faire venir l'hiver n'est pas bien difficile – surtout ici, sur notre plateau. Il ne part jamais bien loin; tout au long de l'année, il rôde, il tourne, pousse deux ou trois nuages par-ci, une pincée de gel par-là…Si on lui crie bien fort: " Je t'ai vu! Je t'ai vu!", il s'éloigne gracieusement, un sourire dans les yeux, sans le moindre air coupable, le bougre!




Mais vient le moment: sans avoir besoin de nous concerter, nous savons qu'il est temps de le faire revenir et de l'accueillir pour de bon. 
En fait, nous l'aimons bien, cet hiver, même si nous le chassons de temps en temps à cause de son caractère envahissant! 

Nous reprenons les gestes millénaires, transmis de génération en génération. Il faut les faire bien, sans guetter du coin de l'œil, sans échanger de regards entendus avec son voisin, car l'hiver est susceptible, parfois et sa colère pèse lourd sur la terre. Mine de rien, donc, nous commençons: nous allons choisir quelques arbres bien secs dans la forêt et tout le village ensuite apporte les scies, et le pique-nique. Au retour, chacun emporte un tas de branches et d'un bout à l'autre de la montagne résonne le bruit des cognées...



Ça ne rate jamais: quelques jours plus tard, au réveil, une brume légère nous enveloppe, quelques feuilles de cerisier se révèlent tachées de rouge et de jaune. Nous faisons bien sûr comme si de rien n'était et nous continuons à scier et à refendre: on peut presque voir, à chaque coup de hache, une fleur se faner, une feuille tourbillonner vers le sol. 





Il faut alors souvent calmer les jeunes qui resteraient bien là, les yeux écarquillés, plantés dehors: " Tu as vu ça! Ça marche!" " Commence donc à rentrer les bûches", s'écrie le grand-père, et, au passage du petit-fils, à voix basse:" Et ne fais pas l'andouille…"Conseil accompagné d'une bonne claque sur le haut d'un crâne.





Maintenant que tout est bien mis en route, nous pouvons aller chacun à notre rythme: l'un rentre ses dahlias, l'autre prépare le tonneau de sable pour conserver les carottes, chez nous, nous nous activons à râper la choucroute. Et un matin, ah!, avant même d'ouvrir les yeux, nous le sentons, dans le goût de l'air, dans le silence de la terre, dans le chant de la rivière…Les petits se précipitent dehors, sans prendre le temps de mettre leurs chaussures, toute la maisonnée pousse des cris de joie: " Bienvenue! Bonjour! Bonjour!"  Et nous contemplons respectueusement le champ blanc de givre.



Le plus âgé donne la main au plus jeune, et ils s'avancent pour y tracer leurs empreintes, scellant ainsi une fois de plus l'alliance immémoriale de l'homme, de la terre et de l'hiver. 



Ensuite, tranquillement, nous retournons nous coucher et là, au creux de nos draps, nous laissons enfin éclater un grand rire: " On l'a eu! On l'a eu!" …Peut-être parce qu'il est au cœur de l'homme de croire davantage dans la rouerie que dans l'émerveillement…


Et que me reste-t-il à dire? Il en fut ainsi depuis l'époque de nos pères, et des pères de nos pères, mais je n'ignore pas qu'il est maintenant des hommes qui vivent loin des montagnes et des rivières, sans rires et sans jeux, sans cheminées et sans contes. Ils n'aiment ni pluie, ni froid ni chaleur; et j'ose à peine le dire, ils ne croient pas à notre tâche de gardiens. 




Ils prétendent qu'ils dominent le monde, qu'ils peuvent bousculer les saisons, cultiver sans la terre. Ils ne savent pas qu'il faut connaître la marche des montagnes et la douceur des pierres. Ils sont aussi ignorants que de jeunes chevreaux et plus arrogants qu'un troupeau de chèvres! Nous, nous apprenions aux enfants, mais qui leur apprendra, à eux, à aimer cette terre?



Photos: Lulena, Marcelo,  Fineartsamerica

lundi 9 janvier 2017

La neige vient...




En regardant la neige

La neige ne vient pas du ciel
mais d’un lieu plus lointain

Là où nous nous balancions
avant de naître ici

Elle vient du pays natal
où seule une balançoire vide est pendue

C’est pour cela
que nous sommes enchantés
par vos cheveux qui s’effritent au premier rayon de soleil

C’est une voix qui retourne à la vie

Là où notre curiosité
notre silence n’atteignent pas

De ce lieu si lointain
accourt la neige
pour devenir enfin un morceau de couleur


Moon Chung-hee Celle qui mangeait le riz froid Ed. Bruno Doucey

mardi 3 janvier 2017

Hé! Happy New Year!



Tout droit et hop! on y est! 

2017, une année légère- un vélo, quelques carottes et la joie du Dharma! 

Bienvenue! 



Dessin: Devin Amato dans le dernier Buddhadharma




mercredi 21 décembre 2016

Aimer Paris en décembre








Sûrement à cause du fleuve,
peut-être parce que sur une île;
pour la couleur de la pierre,
parce que j'y vois encore les traces 
de tant d'heures, d'années, 
de tant d'hommes au travail, de sueur, de misère, et de joie quand se forme la voûte, 
 de passion - ces arcs-boutants qu'on n'avait jamais vus,
cette provocation,
tous ces regards admiratifs, curieux ou indifférents aussi, 
depuis des siècles;
un jardin,
des enfants qui jouent,
des langues inconnues,
un ciel plus grand que partout ailleurs 
dans cette ville.
 
 

lundi 19 décembre 2016

Kanzéon à Calcutta


 Le Chemin de la Compassion

      Roshi Joan Halifax:
 Tout est dit ici par Halifax Roshi- parfaitement dit. Merci. Lulena


  The Way of Compassion


 Les yeux de Kanzéon voient dans chaque recoin de Calcutta.


 Les oreilles de Kanzéon entendent tous les cris de souffrance, ceux que l'oreille humaine reconnaît et aussi la voix du cèdre et de l'acajou coupés qui tombent, celle de l'esturgeon qui lutte et ne peut plus remonter la Mère Volga pour y déposer ses œufs. 



 



Les mains de Kanzéon se tendent en prenant toutes les formes, les tailles et les couleurs pour aider tous les êtres. Elles agissent à partir de la compréhension et de l'amour.

Kanzéon a 6 têtes, avec lesquelles elle peut percevoir le monde sous toutes ses formes et un millier de bras et de mains pour aider tous ceux qui souffrent. Elle s'est donné au monde, pour être formée par lui selon ses besoins. Toutes ses mains tiennent des instruments efficaces pour agir. 

   

Comme Mère du Monde, elle est au dehors de nous, mais comme notre mère, elle vit aussi à l'intérieur de chacun de nous.

 


En fait elle vit dans chaque chose.  On la trouve partout – dans la pluie qui en tombant nourrit la terre et apaise la chaleur de l'été ; dans l'enfant affamé qui fait naître notre compassion.
Elle est cette partie de nous qui entre en communion avec le monde sans hésiter. Elle entre dans ce corps naturellement et sans peur.




 

« Que la beauté que nous aimons soit ce que nous faisons ; Il y a des centaines de façons de s'agenouiller et d'embrasser la terre » Rûmî.

L'art de la  tendresse aimante est la face de la sagesse dans le quotidien, et la main de la compassion dans les actes ordinaires. 


Cette figure de la sagesse, cette main de la compassion , nous ne les réalisons jamais à nous seuls, mais toujours avec et à travers les autres. 





 



Les Enseignements nous montrent une perspective dans laquelle il n'y a pas d'illumination personnelle, mais un Eveil qui se produit à travers une relation aimante.


Roshi Joan Halifax

The Way of Compassion : Excepts from The Fruitful Darkness by Roshi Joan Halifax
                
                 May my body
                
be a prayerstick 

                 for the world :
   "Listening to the Sound of the World."


Photos: Laurent. Françoise

dimanche 11 décembre 2016

Cadeau de fin d'automne

Le dernier cadeau de l'automne




    C'est vrai, il faut faire quelques efforts pour aimer la fin d'automne, quand les oranges et les rouilles se sont éteints, et que les matins gris s'allongent sans fin ; mais vous en verrez toute la beauté avec quelques accessoires, et un peu de bonne volonté: 


 il vous faut des arbres dépouillés et un amoncellement de feuilles sèches et craquantes à leurs pieds ; un ciel blanc sans limites se déployant au-delà de l'horizon ; des montagnes qui s’effacent dans le lointain. Il faut de la mousse sur de gros rochers, des fleurs de bruyère et des chevreuils bondissant en lisière de forêt, silhouettes gracieuses vite disparues...




       Il faut aussi accepter d'avoir un peu froid aux doigts, mais s'enorgueillir d'une bonne écharpe et d'une paire de bottes en caoutchouc qui fera floc-floc sur les chemins boueux. Sans oublier un pas rêveur, un grand sac pour les châtaignes, et peut-être un bâton qui servira quand le chemin prend la tangente au milieu des pierres et des pommes de pin. 



   Il faut respirer pour se sentir nettoyé jusqu'à l’âme par cette fraîcheur aux reflets bleus qui dessine chaque aiguille de pin, chaque caillou du chemin, chaque minuscule goutte de rosée encore accrochée à l'ombre des fougères. 

   Il faut ce petit vent vif et joyeux qui pénètre les vêtements et fait le ménage dans le cœur, ôtant toutes les couches de paresse et d'indifférences entassées dans l'indolence de l'été.


   Ajoutez-y la tache vive des derniers potirons dans le potager, une pile de bois bien rangée près de la porte de la cuisine, et la promesse d'un gâteau avec les petites pommes rabougries ramassées hier sous le pommier. 

    Les derniers jours d'automne sentent la cannelle et le feu de bois, avec une nuance de vanille. 


    

   Si vous avez de la chance, vous aurez aussi tout au fond de la vallée un petit ruisseau qui court et qui murmure, et s'enroule, tout transparent, autour des pierres polies. Lorsque de longues herbes vertes essaient de le retenir, il s'arrête un instant, devient mystérieux et sombre, avant de repartir, ragaillardi par les pluies d'automne, là-bas, là-bas, plus loin, là où l'entraîne son chant, là où l'appelle la vie ...
   


      Il faut enfin rester immobile, à l'abri d'un chêne, jusqu'à se confondre avec lui et se laisser porter par l 'air et la lumière, jusqu'à sentir pousser ses racines et partager le réconfort et la générosité de la terre; alors peut-être apercevrez-vous le museau pointu et la queue rousse et touffue de Goupil, ou bien le cou tout blanc et les oreilles rondes d'une minuscule belette...
    

     Pour aimer pleinement ces dernières journées d'automne, vous devrez vous laisser absorber par leur lumière : si au printemps elle est douce et pâle comme le duvet sous la gorge de l'oisillon, aujourd'hui le monde est empli d'une lumière blanche et dure qui nous prépare pour le gel, pour le dur, le coupant et l'hiver. Elle refroidit la terre et endort les pierres, s'insinue à travers les sapins, éblouit les ravines: les couleurs de l'automne sont devenues lumière.




    Et, si vous n'avez sous la main ni forêts ni renard ni belette, pas le moindre sapin ni la moindre clairière aux rochers gris; si aucun ruisseau ne se faufile près de chez vous, et s'il y a longtemps que vous n'avez plus ramassé de pommes, consolez-vous ! 

Car, souhaité ou non, l'automne vous fera un dernier cadeau, aujourd'hui ou demain:


Vent d’automne colore les feuilles

Est-ce lui qui a posé sur ma tête

Le premier cheveu blanc...

Soseki



Photos: Françoise, Lulena

dimanche 4 décembre 2016

Jour d'automne : 1Oh, 17h, 22h


1Oh: Charonne, maison



17h: marché d'Aligre



                                  Jours d'automne
- chaque année plus lents,
mais si vite passés.


22h: Bd Richard Lenoir, Bastille

Photos Lulena

mercredi 30 novembre 2016

Tu Fu- chants d'automne,chants du crépuscule






Chant d’automne





Longue guerre civile, misère des campagnes, danger des villes, Tu Fu parcourt la Chine, et porte un regard plein de compassion sur toutes les petites gens qui souffrent, exil, déracinement, enrôlement de force. 

Et il écrit, inlassablement, des poèmes à forme stricte, et dans la plus belle des langues.



Les feuilles se détachent, flétries sous les cristaux de la gelée blanche ;
 

Un vent froid suit la vallée de Vou-chan, soufflant et bruissant dans les arbres.
 

Rapides et agités, les flots toujours croissant du grand fleuve semblent vouloir monter jusqu’au ciel ;
 

les nuages de la montagne s’unissent et se confondent avec les brumes de la prairie.
 

Aujourd’hui fleurissent les chrysanthèmes ; demain les dernières fleurs seront tombées.
 

Je suis comme un frêle bateau qu’une chaîne retient à la rive ; mes pensées reviennent seules vers mon pays.
 

De tout côté je vois tailler des habits chauds pour l’hiver qui s’approche ;
 

J’entends monter de la vallée le bruit des coups que frappent les laveuses, pressées d’accomplir leur tâche avant le rapide déclin du jour.
 

The Great Poets » Chinese Poets » Du Fu » Tu Fu Poems


Il écrit sur la guerre - <http://lulena-zen.blogspot.fr/2014/07/helas-la-guerre.html>.

Il écrit sur les barbares, il écrit sur sa colère, il écrit sur son désespoir:

Face à la neige

Bataille- foule en pleurs de nouveaux spectres
Rongé de deuil vieil homme solitaire
Nuages bas- leur tumulte le soir
Neige dansante folle au gré du vent.
Bol et cuiller au sol coupe non peinte
Le feu dans le foyer rougoie encore.
Routes coupées plus aucune nouvelle
Rongé assis tout droit le livre est vide.





in Ombres de Chine A.Markowicz

Il écrit lorsqu'il trouve un refuge: visite au temple

Le coeur- un monde d'eau de pure essence
Habits mouillés- une pluie de printemps.
Portes franchies je ralentis le pas

La vaste cour est faite pour la paix...

Mais le monde appelle encore:

Quoique l'on doive supporter le joug
Un jour je reviendrai loin du tumulte 
Auprès de vous tout est de neige blanche
Pourquoi dois-je avoir peur de me brûler?

Mais, peut-être, tout doucement, à la fin, le coeur se fait paisible:






 
 Crépuscule
Moutons et vaches rentrent doucement
Les villageois referment la barrière.
Lune et vent froid troublent la nuit limpide.
Loin de chez soi- rivières et collines.
Source naissant d'une falaise obscure

Rosée d'automne sur les touffes d'herbe. 
La tête blanche éclairée par la lampe
Pourquoi la fleur doit-elle autant fleurir? 






 

 in Ombres de Chine A.Markowicz
 Illustrations: Anne, Yvon, Lulena

lundi 21 novembre 2016

Le monde dans mes poches


Je porte le monde dans mes poches...





Je porte le monde dans mes poches.
Quelquefois la gauche, quelquefois la droite.

Et, par moments, les deux sont pleines,
Lourdes, prêtes à craquer.

Puis, certains jours, elles se vident,
Légères comme une pluie d'été.

Elles se remplissent de rien,
Des cailloux, des vieux lacets, des feuilles séchées,

Plein de petites choses, lourdes et bêtes.


Mary Newcomer

j'aime beaucoup toujours ce que fait M.Newcomer...mais je ne suis pas 100% sûre que ce poème-ci soit d'elle...si quelqu'un sait?  Lulena

Photo: Françoise

mardi 15 novembre 2016

Kakis, j'aime les kakis...




 laissés sur l'arbre
deux ou trois kakis mûrs
les nuages défilent

Santoka










 les gakis sont les démons de l'avidité dans le Bouddhisme: ils ont une petite tête, un cou étroit et un corps immense...ils n'arrivent jamais à manger assez, ils sont toujours avides, avides, avides...toujours affamés - de tout- et ne connaissent pas le sens du mot " assez"!

Aujourd'hui, voici la gaki des kakis...

C'est moi!









la cloche du soir
et le bruit des kakis mûrs
qui tombent

Shiki


Encres: Lulena  Haikus: 365 haikus ed.Albin Michel

jeudi 3 novembre 2016

Sentiments d'automne...

Depuis les temps anciens, quand arrive l’automne

On s’afflige sur la solitude;


Pour moi cette journée d’automne est meilleure

Qu’une matinée printanière.


Dans le ciel serein une grue file à travers les nuages

Elle accompagne mon sentiment poétique

Jusqu’aux cieux émeraude.



Liu Yu-hsi 




Poème lu sur: http://encresdumonde.eklablog.com/

Photo Lulena