jeudi 29 août 2013

Au plus profond du coeur

J'ai toujours su qu'au plus profond du cœur de l'homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de sa couleur, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l'amour naît plus naturellement dans le cœur que son contraire.


Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j'ai toujours aperçu une lueur d'humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.


La bonté de l'homme est une flamme qu'on peut cacher mais qu'on ne peut jamais éteindre.
Sakiadhita. Wordpress.com
Nelson Mandela « Un long chemin vers la liberté » cité dans La Bonté humaine J. Lecomte éd. O.Jacob

vendredi 23 août 2013

Pfffouu...Paris!

Le matin
paris se souvient
avoir rêvé de mouettes,
et la Seine joue à être l'océan
flânant entre ses rives.

Reflets verts: les yeux des sirènes.





jeudi 22 août 2013

Soir. Champs de lavande...

Soir. Champs de lavande, par endroits couleur d’ardoise. Une grande moissonneuse avance dans un nuage de poussière. Les champs de blé : ce n’est plus du jaune, pas encore de l’ocre. Ni de l’or. C’est autre chose qu’une couleur. Les chaumes.


Ici, la lumière est aussi ferme, aussi dure, aussi éclatante que les rochers...
C’est ici qu’est né le jour, aujourd’hui.
 




Aucun doute ici n’a lieu. Tout est debout, tout est ferme et clair. Tout est calme...
Tout tient ensemble par des nœuds de pierre. Comme il y a très longtemps.
A cette lumière éclatante, on peut s’appuyer, s’adosser.
C’est la seule forteresse imprenable que j’aie jamais vue.
(...)
Laissons cela :
bientôt, nous n’aurons plus besoin que de lumière.

Jacottet L'encre serait de l'ombre



jeudi 15 août 2013

15 août : Fête des morts au Japon

O'Bon : Fête des morts au Japon autour du 15 août :
trois jours où l'on prie pour le bonheur de ses ancêtres et de tous les êtres vivants.




PURIFICATION : Les japonais retournent dans la maison d'origine, dans leur village ou ville de province natale afin de préparer et de participer à cette fête au sein de leur famille. On se rend au cimetière afin de nettoyer et fleurir la tombe familiale. Le premier jour, on lave la pierre tombale « comme si l'on lavait le dos de sa propre mère »...
On nettoie aussi les maisons afin de se préparer à accueillir les esprit des ancêtres comme si l'on recevait des invités.

 
 




« C'est la grande fête des esprits ! Les melons de cette récolte sont esprit ! Esprit, les aubergines ! Esprit l'eau de la rivière Kamo ! Esprit, les pêches et les kakis ! Les morts sont esprit, les vivants sont esprit !
Tous ces esprits s'unissent et se fondent dans la vacuité du cœur et de la pensée. Je rends grâce et je loue le Bouddha ! »
Ikkyu



 Le soir, les villageois, ou les habitants des villes, se regroupent par quartiers : c'est Bon-Odori, danse traditionnelle pour accueillir les ancêtres, mais aussi célébrer l'été, les moissons et l'abondance.






















HOSPITALITÉ: il est de tradition de faire un feu devant la maison ou dans le cimetière qui servira de guide aux ancêtres sur le chemin de retour, comme une voix qui leur dirait : « Grand-père, grand-mère par ici ! ». 

Bougies et bâtons d' encens seront allumés à partir de ce feu, ce qui donnera aux ancêtres le moyen de rentrer dans leur maison.

Car pendant cette période, les portes de l'au-delà s'ouvrent, leur permettant de revenir dans leurs foyer, où tout est prêt pour les accueillir. Ils doivent être gâtés durant ces trois jours, puis ils regagneront leur monde. L'hospitalité qui leur est offerte doit être authentique et sincère. Il n'y a plus de barrières, de séparation entre les vivants et les morts.

«  La fête de l'unité des esprits ! Dans cette doctrine, l'univers bouddhique n'a qu'un cœur. Tout l'univers bouddhique n'a qu'un cœur. Alors, ce cœur unique, c'est tout l’univers ! Et dans cette fête , les arbres, les herbes, le pays, la terre, tout devient Bouddha ! » Matsu



 
OFFRANDES : On sculpte des chevaux et des bœufs à partir de concombres et d'aubergines avec des pattes en paille qu'on posera sur un autel spécialement préparé pour cette occasion. Ces animaux faits à partir de légumes représentent les montures des esprits; certains disent que ces animaux repartent avec les tristesses, les irritations, contrariétés et douleurs des vivants.




On placera aussi sur cet autel, des légumes et fruits de saison aussi bien que des sucreries. 

En fait, on leur offre des mets goûteux, de l'eau, du riz, des pâtes, tout ce que l'on trouve de meilleur y est déposé et aussi tout ce qu'ils aimaient du temps de leur vivant.





3ème JOUR: Le dernier jour, un autre feu est allumé afin de leur permettre de s'en retourner dans l'au-delà et de refermer la porte en éteignant le feu.

Puis, le soir, on confectionne des petits radeaux sur lesquels on pose une bougie ; ils sont confiés à la mer ou la rivière, et les esprits de ce temps d'Obon repartent ... cette coutume se nomme Shôryô nagesshi – les lumières des esprits flottants.









 ORIGINE : Au temps du Bouddha Shakyamuni, à la fin de la retraite de la saison des pluies, apprenant le décès de sa mère, Maudgalyayana, un des grands disciples du Bouddha, demanda à ce dernier où elle se trouvait maintenant ; il s'inquiétait pour elle, sachant qu'elle avait mené une vie peu conforme à la morale. 
Le Bouddha lui apprit qu'elle était tombée dans le royaume des démons affamés. Maudgalyayana fit des offrandes afin de la secourir, et grâce à la cérémonie accomplie par le Bouddha et aux offrandes de Maudgalyayana, elle put renaître dans le royaume des êtres humains.

Cette histoire se greffa au culte des ancêtres préexistant en Chine et au Japon.

«  Nous autres Japonais, ne délaissons aucun dieu. Nous présentons même des offrandes aux bouddhas errants qui pourtant n'entretiennent aucun rapport avec les humains ; nous récitons des prières devant les objets les plus humbles, comme les épingles à couture que nous honorons une fois l'an ! » Kawabata



 
Cette cérémonie, avec les rites décrits ci-dessus est très observée encore de nos jours. Les télés et les journaux annoncent les prévisions des embouteillages sur la route et dans les trains pour cette période de fête !



http://global.sotozen-net.or.jp/eng/event/summer/o-bon_sejikie.html

dimanche 11 août 2013

Au bord du lac

 

いにしへの 
古き 堤 は
年 深み
池 の 渚に
水草 生ひにけり



Sur l'antique rive des temps passés
depuis le fonds des âges
au bord du lac
croissent les fleurs d'eau



Yamabe no Akahito
Trois pierres, cinq fleurs. Ed. Alternatives

lundi 5 août 2013

Le désir de vous promener?

Lettre à Qiu Changru




J’ai appris que vous étiez très malade, et je pense sans cesse à vous. Si Changru venait à mourir, c’en serait fini de la littérature dans le Sud-Est de l’empire ; comment ne pas penser à lui ?



Quant à moi, je vous assure que rien n’est plus pénible que la charge que j’exerce, aucun mot n’est assez fort pour le dire. Je suis un esclave quand je rencontre un supérieur, une courtisane quand je reçois des hôtes de passage, un boutiquier quand je m’occupe de finances ou de ravitaillement, une entremetteuse quand je transmets un avis à la population.



Une seule journée souffle cent chauds et froids, passe du yang au yin et du yin au yang. Un magistrat doit endurer à lui seul tous les penchants vicieux du genre humain. Quelle amertume, quel poison !



Mon frère cadet a l’intention de passer par ici cet automne. Malgré sa visite, il me faudra bien rester tristement dans ma résidence, à lire. Je ne peux plus, comme naguère, emmener mes amis sur la Colline du Tigre.


Ressentez-vous encore ces temps derniers le désir de vous promener ?



Même si le Maître du Jardin Luxuriant de Suzhou n’a pas d’argent pour traiter fastueusement ses invités, il reste du vin pour s’enivrer, du thé pour se désaltérer, le Lac Taihu, cette cuillerée d’eau, pour vagabonder, et les Monts Dongting, ces petits cailloux, pour grimper.

On ne se sentirait ainsi pas trop malheureux, n’est-ce pas ?



Nuages et pierres. Poèmes chinois.




samedi 3 août 2013

Tourterelles, pigeons, Paris...


Crou-crou : tourterelles

Frou-frou : pigeons
 
                                               Pfouu-  Chaleur

Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...