dimanche 29 septembre 2013

Homme et animal : vivre ensemble



Homme et animal : vivre ensemble



Nous vivons probablement aujourd'hui avec les animaux comme les hommes du Néolithique, pour un ensemble de raisons où se mêlent affectivité, intérêts, rapports de pouvoir...



Comment êtres humains et animaux pourraient-ils cohabiter s'ils ne possédaient pas, même de façon minimale, certains éléments d'un langage commun et certaines motivations communes à rester ensemble ?



Les finalités de l'élevage sont peut-être alors moins de tirer un parti utilitaire des animaux que de vivre avec eux et de les insérer dans la société humaine.

Les processus domesticatoires pourraient effectivement contenir en eux-mêmes leurs propres fins.



 Tuer et consommer les animaux domestiques apparaîtrait alors comme une conséquence de la relation, et non une cause.
photo: C.B



Les processus de domestication ont amené hommes et animaux à vivre ensemble, à communiquer, à opérer peut-être un échange tacite :

l'homme nourrissant, abritant, protégeant l'animal d'élevage des prédateurs en échange de ce que l'animal avait à offrir, laine, lait... et en dernier lieu sa vie, dans le cadre de rapports de respect, voire d'affection, rapports qui fondent la légitimité de l'activité d'élevage et que l'on retrouve encore aujourd'hui exprimés par la majorité des éleveurs.



N'avons-nous pas réduit collectivement ce lien au seul bénéfice des intérêts humains ? N'avons-nous pas rompu « le contrat domestique » ?



L'animal n'est pas qu'une chose qu'on fait grossir, produire et puis qu'on tue.




 




L'animal est.










Et nous sommes avec lui dans un même monde, issu d'un rameau commun de l'évolution.






J.Porcher

Photo: Boston Globe




mercredi 25 septembre 2013

Un parfum d'adieu

    Zendo :

les robes bruissent


dans la pénombre






       les fronts effleurent le sol


           -mille instants

             dans un seul souffle





       la lune d’automne 
              a un parfum  d’adieu

                                                
      
            -les corps s’inclinent

                      à l’unisson






samedi 21 septembre 2013

Dans les yeux du chat

  neko, neko...


猫の目に
海の色ある
小春かな
dans les yeux du chat
la couleur de la mer
l’été de la Saint Martin

Yorie

neko no me ni
umi no iro aru
koharu kana




須磨寺や

ふかぬ笛きく

木下やみ

temple de Suma

j’entends la flûte qui s'est tue

dans l’ombre des arbres
     
      sumadera ya
     fukanu fue kiku
     koshitayami




この秋は
何で年よる
雲に鳥
cet automne-ci
pourquoi donc dois-je vieillir ?
oiseaux dans les nuages

     kono aki wa
     nande toshiyoru
     kumo ni tori


秋ひより

せむ羽すずめの

はをとかな

nekojitaLe ciel d’automne

des milliers de moineaux –

le bruit de leurs ailes

          aki hiyori
                    senba suzume no
                    haoto kana 


Bassho



いささらは

我も返らん

あきの暮

allons, c’est fini !
et moi aussi je m’en vais-
crépuscule d’automne


Issa
iza saraba
ware mo kaeran
aki no kure



Photo Pierre




jeudi 12 septembre 2013

Je frappe à la porte...


« J’essaie d’apprendre le silence
dans toutes les langues
après un intense et scrupuleux examen du ciel étoilé. »
Wislawa Szymborska
 

             CONVERSATION AVEC LA PIERRE
Je frappe à la porte de la pierre
”C’est moi, laisse-moi entrer.
je viens te voir, te visiter 
sentir ton souffle”

”Va-t-en, dit la pierre
Je suis fermée à clé.
Même brisée en morceaux
nous resterons toujours fermés,
même réduite en sable
nous ne laisserons entrer personne.”



Je frappe à la porte de la pierre.
”C’est moi, laisse-moi entrer.
Je viens par simple curiosité
et la vie est l’unique occasion.
Je voudrais seulement me promener dans ton palais
avant d’aller visiter la feuille et la goutte d’eau.
Je n’ai pas beaucoup de temps
car je n’ai qu’une vie.

- Je suis faite de pierre, dit la pierre.
Je dois rester sérieuse. Va-t-en, 
tu vois bien que je n’ai pas les muscles du rire.


Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.
On dit qu’il y a chez toi des grandes salles vides
majestueuses et sans bruit de pas
que personne n’a jamais vu.
Avoue que tu ne les connais pas toi-même.

-De grandes salles vides c’est vrai
mais il n’y a pas de place, dit la pierre.

Belles, peut-être
mais pas d’une beauté perceptible à tes sens.
Tu peux me savoir, mais jamais me connaître.
Tu me vois en apparence mais pas dans mon essence

Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.
Je te promets de ne pas m’éterniser pas chez toi
ni prendre refuge
Je ne suis pas malheureuse et j’ai un domicile.
Et puis le monde vaut la peine qu’on y retourne.
J’entrerai chez toi et ressortirai les mains vides sans toucher à rien.

Comme preuve de ma visite
j’écrirai seulement quelques mots
et d’ailleurs personne ne me croira.

- Tu n’entreras pas, dit la pierre.
Tu n’as pas le sens du partage
et aucun autre sens ne peut le remplacer
pas même la clairvoyance de l’au-delà.

Tu n’entreras pas,
tu ne connais pas le partage
tu n’en as qu’une image lointaine.

Je frappe à la porte de la pierre- C’est moi, laisse-moi entrer.
Je ne peux pas attendre deux mille siècles
pour venir chez toi.

- Si tu ne me crois pas, dit la pierre
demande à la feuille, elle te dira la même chose,
et la goutte d’eau te dira comme la feuille. Tu peux même demander à un cheveu de ta tête, si tu veux.
Tu me fais rire, tiens. D’un immense éclat de rire
comme si j’avais appris à rire.

Je frappe à la porte de la pierre -

C’est moi, laisse-moi entrer.

- Je n’ai pas de porte, dit la pierre.


Traduction des poèmes de  Wislawa Szymborska par Aaron



http://www.francopolis.net/francosemailles/trad-Szymborska-Fleuve.html



Wislawa Szymborska a été Prix Nobel de littérature en 1996

dimanche 1 septembre 2013

La vie comme elle va







 












       


           


 Sur un pied, sur l'autre,
           boitant, boitillant,
        la vie comme elle va...


Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...