vendredi 25 juillet 2014

Hélas! La guerre



L'armée en marche - Du FU, Chine  8ème s. - 
Et depuis, à travers le temps et l'espace.... 
lemonde.fr2
 
L'armée en Marche : 
le départ des soldats et des chars de guerre . 
Battle of crecy froissart.jpg
 
attelages.org
 
 Ling ling, les chars crient ; siao siao, les chevaux soufflent 

Les soldats marchent, ayant aux reins l’arc et les flèches.
Les pères, les mères, les femmes, les enfants 
leur font la conduite, 
courant confusément au milieu des rangs ; 
                 La poussière est si épaisse qu’ils arrivent 
jusqu’au pont de Hien-yang sans l’avoir aperçu ;
Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, 
comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;
Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève 
véritablement jusqu’à la région des nuages. 
httpfr.123.guerre_de_troie
 Les passants, qui se rangent sur les côtés de la route, 
interrogent les hommes en marche ;  
 les hommes en marche n’ont qu’une réponse : 
 notre destinée est de marcher toujours. 
 Certains d’entre eux avaient quinze ans quand ils partirent pour la frontière du Nord ; 
  Maintenant qu’ils en ont quarante, ils vont camper 
à la frontière de l’Ouest.   
httpfr.123rf.guerre_de_troie
Comme ils partaient, le chef du village enveloppa de gaze noire 
leur tête à peine adolescente ; 
Ils sont revenus la tête blanchie, et ne sont revenus que pour repartir.
  Insatiable dans ses pensées d’agrandissement,  
                   L’empereur n’entend pas le cri de son peuple. 
sodiwin2.fr
              En vain des femmes courageuses ont saisi la bêche 
                    et conduisent la charrue ; 


jean1668.free.fr
 
         Partout les ronces et les épines ont envahi le sol désolé,
        et la guerre sévit toujours, et le carnage est inépuisable,
        sans qu’il soit fait plus de cas de la vie des hommes
        que de celles des poules et des chiens. 
ffffound.com
 
 
 
 
 
 
tpe-guerre
  
Bien qu’il se trouve des vieillards entre ceux qui interrogent,
les soldats osent exprimer ce qu’ils ressentent,
 d’un ton violemment irrité ;
Ainsi donc, disent-ils, 
l’hiver n’apporte pas même un moment de trêve,
et les collecteurs viendront encore pour réclamer ici l’impôt .
Mais cet impôt, de quoi donc pourrait-il sortir ?
N’en sommes-nous pas venus à tenir 
pour une calamité la naissance d’un fils,
et à nous réjouir au contraire 
quand c’est une fille qui naît parmi nous ?
87dit.canalblog.com archives
S’il vient une fille, on peut du moins trouver quelque voisin qui la prenne pour femme ;  Si c’est un fils, il faut qu’il meure et qu’il aille rejoindre les cent plantes. 
 
tunisiefocus.com
 
 Prince, vous n’avez point vu les bords de la mer bleue,
où les os des morts blanchissent, sans être jamais recueillis,
où les esprits des hommes récemment tués 
importunent de leurs plaintes
 ceux dont les corps ont depuis longtemps péri.
Le ciel est sombre, la pluie est froide, sur cette lugubre plage,
 et des voix gémissantes s’y élèvent de tout côté.
 
ici.tf1.fr
  
DU FU 
prats-endavant.net


  
 Cette pièce date d’une époque où l’empereur Ming-hoang 
était loin déjà de la période pacifique 
célébrée par Li-taï-pé, mais où, 
la rébellion n’ayant pas encore éclaté dans l’Empire, 
les seuls ennemis qu’il eut à combattre étaient 
ceux que son esprit de conquête allait chercher au-dehors. 
La sombre peinture esquissée par Thou-fou,
 en même temps qu’elle fait juger de l’état d’épuisement 
dans lequel la guerre civile dut trouver l’Empire 
quelques années plus tard, nous montre aussi la liberté
 de parler dont on usait alors, 
puisque le poète occupait une charge à la Cour
quand il écrivit ceci.

Poésies des Tang -- Thou-fou (Du Fu)  
wengu.tartarie.com/Tang/Du_Fu.php 
 
 " Il y aura demain de la gloire pour tout le monde..."
Appel Aux Femmes Françaises  

lundi 21 juillet 2014

Un rêve de quelques jours...






Gloire du matin:           


le charme de la beauté,

un rêve de quelques jours...

Natsume Soseki








 J'aime le reste de ma vie


bien qu'il soit éphémère





 comme la claire splendeur

de l'azur matinal....

Tomiyasu Fusei





露の世は
露の世ながら
さりながら
Tsuyu no yo wa
Tsuyu no yo nagara
Sarinagara
 
 


 Rosée que ce monde

Rosée que ce monde -ci

Et pourtant...


Issa
Zen poèmes éd. Vega

mercredi 16 juillet 2014

Ciel limpide, jardin au crépuscule






Cette montagne là-bas-

c'est là que la chaleur de la journée

s'en est allée...
          
 Shitsura






Jardin au crépuscule

sans allumer la lampe ni tirer le volet

je reste à contempler les fleurs

Soseki







Lumière éteinte

du ciel limpide une étoile se détache

et entre par la fenêtre

Soseki






 



Une luciole

traverse en silence le salon


vert de lune

 
Soseki






Entre les fleurs de volubilis

un reflet

les prunelles du chat 
 Soseki


 

PLOUF  ??


jeudi 10 juillet 2014

Matin d'été -2-










           Les chants des cigales m'encerclent

pareils à des étincelles-

Soudain seule

Yuki Honda




 Haikus d'aujourd'hui Points

mercredi 9 juillet 2014

Dans l'aube de l'éternité




Celui qui entrave une joie

détruit la vie ailée

Mais celui qui embrasse une joie quand elle 

vole

Vit dans l'aube de l'éternité







W Blake




mardi 1 juillet 2014

Lumière, énergie, corps et Terre Pure



Vers la lumière Sokyu Genyu éd. Philppe Picquier 










   De nouveau, au milieu de l'obscurité, d'innombrables lumières s'entremêlent. Éparpillées selon divers angles, on dirait des aiguilles ou de fines stalactites.
A la limite entre lumière et obscurité, j'ai vraiment l'impression de percevoir comme l'ombre de la lumière mais je me dis que la lumière n'a pas d'ombre.

   L'ensemble des innombrables lumières flotte et se répand comme une surface liquide, et envahit tout mon champ visuel.

   Si on me disait qu'il s'agit de la Voie Lactée, je serais prête à le croire mais serais tout aussi convaincue si on me disait qu'il s'agit d'un agrandissement de la surface des pétales des fleurs de cerisier...









...«  Savez-vous que dans ce Paradis de la Terre Pure, les choses apparaissent telles qu'on les désire ? Si on veut entendre de la musique, on en entend ; si on veut sentir un bon parfum, on peut le sentir.
  • C'est possible ce genre de choses ? dis-je en riant.

    Mais Jiun répond «  Je ne sais pas » et commence à raconter une histoire plutôt étrange. Et de nouveau il est question d'atomes, de quarks, de « supercordes » et je ne sais trop quoi encore. Finalement ce que je crois comprendre c'est que «  l'énergie cosmique est invariable » et c'est à peu près tout. C'est plutôt rassurant comme information d'ailleurs. 



 

    Mais juste après, Jiun continue, sans aucune gêne, à parler de l'instant où quelqu'un meurt, en posant l'hypothèse d'une transformation en énergie. «  Une énergie énorme se dégage alors. »

     ... «  Je pense -dit Jiun- que la plus grande part de cette énergie reste inutilisée. Alors, cette énergie, je me demande si elle ne se concentre pas dans la puissance qu'on appelle Amida. Cette énergie énorme, c'est à dire Amitâbha, produirait donc peut-être l'apparition de ce qu'on appelle la Terre Pure ».
   

 Je me sens vraiment dans un état étrange. Un bonze qui se respecte ne ferait sans doute pas des raisonnements comme ceux de Jiun. Ce qu'il dit, à la limite, peut tout à fait amener à se réjouir de la mort à venir.

   

 Depuis que je suis hospitalisée, je fais mon possible pour ne pas penser à la mort, mais en voyant les belles mains rosées de Jiun posées sur ses genoux, c'est la première fois que je me sens prête à accepter simplement l'idée que la mort est proche. 



 

  




  Ce qui me semble étrange, au fond, ce n'est pas cette acceptation de la mort, c'est plutôt que, quelle que soit la façon dont on tente de se la représenter, on garde finalement un vague sentiment d'incompréhension.


  





…. Ce que je ressentais à ce moment-là, je pense que c'était peut-être la grandeur de la vie.
Je n'aurais su expliquer pourquoi, mais il me semblait que ma vie, tout autant que celle de ma mère, avait quelque chose de magnifique.

  
 Je me sentais pénétrer de cette sensation étrange et d'une certaine manière effrayante, comme cette mer immense que je pouvais voir en baissant les yeux.  


 

   Je me disais que ma vie était une sorte de miracle, et mes larmes ne cessaient de couler. 



Vers la lumière Sokyu Genyu éd. Philppe Picquier 

 Photos:
 Fractales: 
wikipedia ens de julia
Papillons, Raedschelders

Texture:
Rainbow_Abstract_Paint_Texture_by_Enchantedgal_Stock 2




 

Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...