vendredi 29 août 2014

Retour à la place du marché








le cœur du sutra atteint,
même les bruits de la place du marché
plein de monde
ne sont-ils pas
l’enseignement du dharma ?

Dogen










jeudi 21 août 2014

Chanter la joie


Car il y a la joie!

 Il y a la joie du brin d'herbe: le vent joue avec lui, le taquine, le frôle et il joue avec le vent, danse et se plie, s'incline- révérence- et se relève, tout en grâce.
    




 Il y a la joie de la pierre: respirant au rythme des millénaires, elle se prête au jeu de la pluie et de la neige, insouciante des saisons; elle est solide et majestueuse, elle sera gravier, puis sable; transformation, changement – cela même qui rythme nos corps et nos vies.
  





 Il y a la joie de la rivière, filant, chantant, contournant les obstacles, s'en jouant - transparence verte, blanche écume, reflets du ciel...
    
 

 Il y a la joie de l'arbre: tendre vers la lumière, tout en se blottissant de plus en plus profondément dans la pénombre de la terre, juste équilibre; tête nue au vent, branches galopantes d'écureuils, accueillant parfois un ou deux gamins chipeurs de pommes ou de cerises; dépliant le velouté de ses feuilles, offrande au printemps, générosité spontanée, totale.
  
 

 Il y a la joie de l'oiseau: boule de plumes, pattes griffues, gorge au duvet ébouriffé, chant tout bleu dans le premier matin du monde, monde infini tout d'espace, monde ouvert, monde à sillonner sans laisser de traces – que ne puis-je en faire autant ...
    

 Il y a la joie de la pluie, qui chantonne, gronde, fredonne, choisit une flaque, puis un toit, tambourine, abandonne, s'éloigne pour revenir en riant nourrir le champ, et les prés, et les fleurs...
     
   Parlons-en des fleurs: le mot même de joie fut inventé pour elles- ou par elles, qui sait, se penchant l'une vers l'autre, chuchotant, couleurs et parfums mêlés, richesse de la vie sans attente, rien qu'un éclat, un matin, une journée; fugaces et éblouissantes.
  



  Et lui! Qui a eu l'idée de ce soleil de joie, le dispensateur de ce jaune éclatant qui nous égaie, nous réchauffe, et se répand partout en ce printemps, des discrètes jonquilles aux genêts mal-aimés, des grains de poussière qui dansent dans les fenêtres aux étincelles qui ruissellent sur les pierres de la fontaine...? 


 
   Qui nous offre ce bonheur, bonheur immense, bonheur fragile, chaque jour donné; la joie qui est là, sous mon nez, mais que je n'aperçois que, ah! de temps en temps, quand je lève les yeux, quand j'accueille, quand je me sors de moi-même; quand, à mon tour, je m'incline avec grâce, portée par le souffle et la lumière.



Il y a la joie d'être monde dans le monde, corps, et oiseau, et rivière, et la pierre et le sable, et le brin d'herbe et le vent...
   
 Il y a la joie de la rêverie, douce, pâle comme la nostalgie ou brillante comme la flamme d'une bougie...
  

 Et il y a la joie des mots, la joie de la tête pleine d'images, si colorées, si tentantes, si difficiles à attraper! La joie de découvrir ce monde, l'admirer, pouvoir le dire -un peu et le 
partager.
    


 Que dirai-je maintenant de la joie de l'amitié, du rire, de l'amour, de la tendresse...?
 La joie de l'émotion, du regard, de la présence... 
Que dirai-je que vous ne sauriez pas, 
que vous n'avez pas toujours su, 
aujourd'hui, 
hier et demain?


  Il y a enfin la joie de cette voix qui m'appelle, qui nous appelle; voix qui parle directement à notre cœur, 
qui façonne notre silence, 
qui nous fait veilleurs au plus profond de la nuit, 
et passeurs dans la lumière de l'aube.







Papillons: <geek.org> <images-libres.net>
Merci pour la photo de ce superbe nuage...et pardon car je ne sais plus qui me l' a envoyée ( Pierre? ) tout comme je ne sais plus de qui étaient ces superbes tapisseries photographiées aux Gobelins il y a quelques mois...merci. Lulena


Publié dans La Vie, les Essentiels mai 2010





dimanche 10 août 2014

Eblouissement

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Le matin ébloui par le papillonnement
 d'une variété sans nombre de verts 
 
A midi, sous la stridence têtue d'une cigale proche- 
 
au loin toutes ses soeurs 
poursuivant un grésillement obstiné -
 
L'été palpite jusqu'à ce qu'enfin s'allongent les ombres.
 
 
 

Texte et Photos: Pierre 


Hommage à Cassis...Merci Pierre!
 
 
 
 
 
 

Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...