mardi 24 novembre 2015

La vie, plus grande que la vie







Une attente et un espoir...

En cette journée grise, il m'est revenu le regard concentré, respectueux, des enfants de mes voisins ôtant soigneusement une feuille au calendrier de l'Avent; il m'est revenu l'espérance d'une naissance qui va changer notre monde – et l'espoir de chaque femme attendant un enfant...et j'ai essayé de toucher au plus profond de chacun, croyant ou pas, là où est l'amour...

Parce que c'est ainsi que notre vie va continuer 




C'est une attente et un espoir. Parce qu'il y a cet amour au coeur du plus sombre, au coeur des nuits les plus longues. Pas fragile, non, indestructible, mais aussi douleur, parfois, quand on perd le chemin.
C'est une attente et un espoir parce que la vie est un peu plus grande que la vie; le jour un peu plus lumineux que le jour. 


 

« Homme, tu seras transformé
en ce qui t'est cher:
Dieu si tu aimes Dieu,
Terre, si tu aimes la Terre. »
A.Silesius

C'est une attente; une attente et un espoir. Au plus profond des jours sombres, dans la noirceur des branches dénudées, dans la brume qui voile les montagnes,dans le blanc craquant du gel matinal.

Dans les feuilles mortes qui retournent à la terre, dans l'odeur familière de fumée au crépuscule, dans la petite pluie qui glace, et dans le soleil, soudain, qui s'allonge à la fenêtre, c'est un espoir.



C'est une attente et un espoir . Et nos gestes les plus routiniers, les plus machinaux, s'éclairent; les mains frôlent la vaisselle, caressent l'évier, posent avec douceur la tasse déjà pleine, s'attardent sur ces choses qui nous entourent.

Parce que la vie est un peu plus grande que la vie; le jour un peu plus lumineux que le jour.

 
C'est une attente, mais sans inquiétude, une légèreté d'attente, une attente épurée où il ne reste plus que la joie tranquille, sans impatience.
Parce que c'est là, en fait, déjà là qui nous accompagne depuis toujours, mais, vous savez comment c'est, au fil des jours, au fil du temps, on oublie.

Ce qui nous emplissait, ce qui faisait frémir notre coeur chaque fois que notre regard s'évadait des difficultés quotidiennes, petit à petit a reculé, envahi par l'urgence de choses pas du tout urgentes, recouvert par la trame incessante des demandes et des distractions.
C'est un espoir qui chante maintenant dans les mots les plus ordinaires: «  Fais attention, couvre-toi, je peux t'aider? »; un espoir qui rit en nous, allégeant le poids de l'inutilisé; un espoir qui ouvre les fenêtres du coeur et efface les peurs, les peurs d'hier et celles de demain.



Un espoir de renouveau, mais aussi de retour vers ce qui toujours nous appelle, voix claire dans le fouillis du temps, douceur dans les épines de nos peurs.

C'est une attente, c'est continuer.
Et, bien sûr, ce sera différent, cette fois-ci. On ne le laissera pas partir, ce chant de l'aube, de l'oiseau, de l'alleluia ; on ne se réhabituera pas, on ne se laissera plus glisser, presque indifférent, dans l'oubli de la joie. On restera dans cette joie; nomades, on la parcourra en tous sens; on s'en couvrira comme d'un manteau, on la distribuera comme un cadeau trop beau pour ne pas être partagé avec tous ceux qui nous entourent.
Parce que la vie est un peu plus grande que la vie; le jour un peu plus lumineux que le jour.

Parce qu'il y a cet amour au coeur du plus sombre, au coeur des nuits les plus obscures; parce qu'il nous porte, ou bien c'est nous qui le portons, on ne sait pas très bien, c'est sans importance. Pas fragile, non, indestructible, mais aussi douleur, parfois, quand on perd le chemin. 



 

C'est une attente et un espoir; un espoir déjà réalisé, une reconnaissance totale; c'est un don du pain et de la vie, de la parole et du silence, de l'émerveillement et du rire.
C'est un oui absolu.



Dans le froid de l'hiver, dans le dépouillement de la nature, dans le repos de la terre, c'est une promesse.

C'est continuer.



Photos: Yvon, Eva, Françoise, Lulena



lundi 16 novembre 2015

Comment répondre...?




Car la haine ne peut jamais être vaincue par la haine....

Que faire? Comment répondre à ces drames 
qui nous touchent 
aujourd'hui comme ils ont touchés hier 
tant de pays et de personnes? 
 
 
 
 Notre premier don en tant que pratiquants
 de la Voie est zazen. 
Parce que c'est l'Eveil du Bouddha 
que nous réalisons. 
Et ce monde plongé dans l'ignorance a besoin 
de l'Eveil de tous les bouddhas, 
de tous les bodhisattvas et de tous les êtres. 
Et de nous.
 
 
 
 " Votre esprit est absolument tranquille 
et absolument complet. 
Et sa possibilité de répondre aux circonstances 
est sans limites »  Shitou. 
 
 
 
 Zazen est la réponse juste, 
celle qui inclut tous les êtres et illumine l'univers.  
 
 
 Ensuite il y a les dons matériels. 
Quelqu'un a proposé de donner son sang. 
Beaucoup de personnes l'ont fait hier et il y aura 
encore l'occasion de le faire cette semaine. 
 
Donner un abri aussi est une réponse. 
Aider matériellement est un acte d'offrande, 
dit Maître Dogen. 
 
  
 Enfin le dernier don est le don du calme.
La violence appelle la violence et la colère.
Il nous appartient de ne pas nous laisser emporter
 par ce torrent. 
Veillons à notre consommation de radio de télé 
et des réseaux sociaux. 
S'informer est juste, mais si nous sentons 
que nous nous y accrochons sans pouvoir arrêter,
 il est important de revenir à zazen.  
 
 C'est de la parole juste, 
aimante dont nous tous avons besoin. 
Une parole appropriée. 
 
 

Il s'agit de garder un cœur tranquille. 
Des paroles affectueuses et mesurées 
qui reconnaissent la douleur 
que nous partageons sans l'attiser. 

«  La nature de Bouddha n'est pas seulement 
ce que nous sommes, 
mais ce que nous faisons. » Shitou
  
 
La Voie du Milieu: 
Nous ne nous servons pas de zazen 
ou de notre Voie pour nous échapper du monde.
 Et nous ne nous laissons pas emporter
 par le monde. 
 
 
 
Car la haine ne peut jamais 
être vaincue 
par la haine;
elle ne peut être vaincue
que par l'amour. 
 

vendredi 6 novembre 2015

Les arbres...




Les arbres      ce que vous chantez
par vos derniers feuillages
Comme si un jour nous allions
Enfin prêter l'oreille au monde. 

Les arbres      ce chant final
Avant le silence de l'hiver
N'est-il pas comme un appel
A écouter le coeur profond?


tuxboard.com








Les arbres    me voici forêt
M'efforçant l'hiver
De devenir à ton école
Pure et simple attente

J.P. Denis Me voici forêt 
ed. Le Passeur

Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...