mardi 8 août 2017

Pendant la sieste



Pluie d'été   
quand elle n'est plus qu'un souvenir
le soleil tape
Matsuse Seisi



Ici aussi
des rizières et des histoires d'amour
Pluie d'été
Seki Heïu

 


Nuages nocturnes
au teint fais
après le tonnerre
Hara SekiteÏ

Les citrouilles grossissent
je maigris
quelle chaleur!
 Toun

Fraîcheur!
les pieds contre le mur
pendant la sieste
Basho


 Illustrations: thiswallpaper, myhdwallpaper, jasstl.wordpress, zoomingjapan






 

mardi 25 juillet 2017

Le Nirvana des Légumes

                  YASAI NEHAN


 Cette image - le Nirvana des légumes- nous parle du problème de la vie et de la mort de tous les êtres, animés ou inanimés, ce qui nous fait toujours revenir à l’essentiel de l’enseignement du Bouddha. Effaçant les distinctions habituelles, cet enseignement s’applique aussi bien aux légumes qu’aux humains.
Yoshiaki Shimizu, Multiple Commemorations
 




Quand un Bouddha qui a atteint la perfection
de la Voie contemple le monde du Dharma,
tous ceux qui se trouvent
dans le Royaume des arbres et des plantes
sans exception deviennent Bouddha
Keami Nue vers 1440





La pratique des graines est de faire pousser des feuilles.
 Ce chou, ces carottes, ces pommes de terre, ces oignons… vont bientôt devenir moi.
Quelle idée appétissante.
Le seul que vous trouverez fleurissant dans le jardin est le Zen que vous y aurez apporté chaque jour.  
Jardiner: couper les fleurs fanées pour que de nouvelles fleurs s’épanouissent; cela nous évite de devenir graine.
Est-ce qu’un prunier sans fruit a la Nature-de-Bouddha? Schlack!!
La complexité est plus proche de la Vérité.
Respectez avec amour le style de vie des vers de terre.
Un des buts du jardin est d’arrêter le temps.
Tous les êtres éveillés s’enchantent de l’eau.
Le jardinier joyeux est la preuve d’une incarnation.
A l’intérieur du jardinier repose l’esprit du jardin extérieur.
Une paume calleuse et des ongles sales précèdent le Pouce Vert.
Quand un jardinier devient un jardinier, le Zen devient le Zen.
Quand le Divin frappe, n’envoyez pas un prophète à la porte.
Devenir invisible à soi-même est un pur acte de jardinage.
S’asseoir dans un jardin et ne rien faire est partout du grand art.
Mike Garofalo,  Pulling Onions: Quips and Maxims of a Gardener <http://www.gardendigest.com/laws.htm >


 S’asseoir tranquillement et ne rien faire, simplement être à l’écoute, n’est-ce pas une forme de méditation ? D’ouverture à l’extérieur et à l’intérieur.
   Prendre son temps, s’arrêter, regarder, écouter, se laisser imprégner. Ce sont tous les sens qui s’harmonisent et là l’apprentissage peut avoir lieu. Ce n’est pas le jardinier qui produit mais le jardinier s’éduque, apprend des insectes, des vers de terres, des oiseaux. Ou bien il est autant jardiné qu’il est jardinier.
Tout est exposé et vous le voyez et vous le vivez. C’est la carapace qui tombe et il n’y a plus de barrière entre vous et le monde.
 C’est une belle idée de prendre son temps, même quand on veut se dépêcher ou que l’on trouve que l’on n’a pas le temps, qu’il y a des milliers de choses à faire, terminer, etc. Je voudrais que cet été quand nous allons travailler dans le jardin, nous prenions quelques minutes sans bouger en y arrivant: prendre le temps de s’imprégner de l’atmosphère du lieu et non plus « travailler » dans le jardin mais bien qu’il nous travaille autant que nous le travaillons, prendre le temps pour réellement voir le jardin et y ouvrir son cœur. DsL






Dessin : Yvon
Illustrations et textes:  http://www.gardendigest.com/zen/vegnir.htm
 Kaiser Gardens_buddha, satoriinthegarden, kamoclub


vendredi 14 juillet 2017

Emotions: je reviens!



    Je reviens ! J’ai envie de courir devant le car qui aborde poussivement virage après virage… Je reviens ! 


J’essaye de ne pas sauter sur mon siège emportée par la joie de ce retour. Trois ans déjà que je ne suis pas remontée dans « mes » montagnes, trois ans passés en ville, trois ans sans arbres, sans fleurs, sans silence, sans air. Oui, je sais, j’exagère, je suis de mauvaise foi, mais aujourd’hui j’en ai le droit, le droit de m’enthousiasmer et de coller mon nez à la fenêtre pour voir plus vite arriver « mon » village.
   

Enfin, m’y voilà. Sur mon passage quelques personnes me sourient d’un air incertain : est-ce possible que déjà on ne me reconnaisse plus ?! Quelques nuages assombrissent un instant mon élan : pourrais-je être déçue de ce moment si souvent imaginé ? 



Je me hâte vers la petite route qui  traverse la forêt et débouche sur les prairies qui entourent « ma » maison, lieu de retraite et de paix, d’amitié et de rencontres. Je n’ai pas prévenu de mon arrivée afin de pouvoir, pas après pas, renouer avec chaque centimètre de ce chemin…

Oui, j’exagère encore, et pourtant, il me semble bien reconnaître chaque caillou, chaque feuille encore brillante de la pluie de ce matin. Les ruines de ce vieux mur se sont laissées aller, le lichen les recouvre maintenant…. Quant aux fleurs de pissenlits, elles se sont mises à envahir le fossé… 

Je traverse le bois, plus sombre que dans mon souvenir… Je souris de me voir passer de cliché en cliché : est-ce que les branches des grands sapins se tendent vers moi pour me saluer ? Parfaitement ! Et les boutons d’or, déploient-ils leurs pétales pour m’accueillir ? Absolument ! 



Pourtant mon émotion est bien réelle : peu à peu, j’ai été attrapée par ce coin du plateau ardéchois, par ce pays de jours froids et de nuits claires, de printemps éclatants et d’automnes mouillés… Un pays d’accueil, silencieux et généreux.
    

Je suis bien essoufflée: ça grimpe ! Je m’arrête et je respire. Cliché encore : pureté de l’air, j’ai les poumons qui pétillent ! Je pose mon sac, et quand j’arrive à respirer normalement, j’écoute le silence. 


Un vrai silence, un silence vivant. Tout respire avec moi : la terre, les arbres, les musaraignes, les chouettes endormies, les écureuils curieux, jusqu’au dernier insecte minuscule qui rampe sur un pétale de marguerite… 

Je sens mon corps se dénouer, mon coeur s’ouvrir : quelque chose qui s’était recroquevillé en moi se dilate, je me réveille au monde et à moi-même.
     Je suis reposée comme après une longue sieste, rafraîchie comme d’une source transparente qui comble corps et âme. 




Encore un tournant, une petite grimpette, et voilà : j’aperçois, encore un peu caché par les hautes herbes, un toit de tuiles grises posé comme un chapeau sur des murs de pierres qui s’accrochent à la terre. C’est une maison têtue, bien décidée à tenir contre vents du nord et tempêtes de neige. Cliché: oui, mon coeur fait un bond dans ma poitrine!
  

 Je reviens!  Qu’est-ce qui me touche autant dans ce coin d’Ardèche?  Ici, mon corps est plus grand que mon corps, il s’étend aux châtaigniers qui bordent le chemin, aux mésanges près du bassin, à la terre même sur laquelle je marche. 




Tout est semblable à hier, et pourtant tout est neuf : mon regard fait naître chaque chose, et chaque chose me fait renaître. Si tant de choses nous quittent au fil des jours, heureusement, les moments de joie et d’harmonie restent inscrits en nous et là, nos racines s’enfoncent et nous nourrissent… 



Je reviens, je revis! 


Lulena La Vie les Essentiels

vendredi 7 juillet 2017

Gatha de la souris...

Les gathas sont de courts poèmes qui nous aident à revenir à ce que nous sommes en train de faire, tout en gardant notre esprit tranquille- et souvent même en retrouvant le sourire! 
Généralement le gatha se tourne " vers tous les êtres" nous rappelant ainsi nos voeux.
 




Les gathas s'appliquent à chaque situation de notre vie, ils peuvent être sérieux ou drôles, légers et profonds. 

Gatha du bavardage

Quand j'entends le moustique
zinzinner dans mon oreille
je fais le voeu avec tous les êtres
de me rappeler que moi aussi
j'en ai embêté plus d'un avec mon bavardage

Vous pouvez créer votre propre gatha, selon les situations, pour vous aider à revenir au présent, à respirer, à voir la situation avec un oeil neuf. 

Gatha de la souris

Quand je vois une souris traverser la cuisine
je fais le voeu avec tous les êtres
de ne plus traîner et de moi aussi
filer tout droit vers le Refuge


 Gatha de la poste

Quand je fais la queue à  la poste
je fais le voeu avec tous les êtres
de ne pas oublier que j’ai pris la ferme résolution
de laisser passer tous les êtres avant moi
sur le chemin de l’éveil




Gatha de la vaisselle

Lavant la casserole
je fais le voeu avec tous les êtres
de bien tremper en zazen
pour décoller ce qui a attaché au fond de moi 


 
Gatha de la marche

Au rythme de ma respiration
je fais le voeu avec tous les êtres
de reconnaître le sol sous mes pieds,
et de faire confiance à sa solidité.


 Venez lire ou écrire vos propres gathas: 
https://padlet.com/lulena_zen/a4losh0wcxru

Suggestions !



Quand je suis en vacances...
Cherchant une place de parking...
Devant le grand ciel bleu... 



A vous! 



 

samedi 1 juillet 2017

lundi 26 juin 2017

Premières nuits d'été







Nuit d'été-
je ferme les yeux
et le coucou
avec un cri
marque l'aube

Ki Tsurayaki 

 



Zen poèmes ed. Vega  

jeudi 8 juin 2017

scratch scratch



j'ai été piqué par un moustique

merci mille fois

?

parce que je suis vraiment vivant.
 
Scratch scratch

KO UN 


encre: tanahashi kazuaki

samedi 3 juin 2017

la Merveille: Investigating Wonder

Explorer la merveille

黙照禅 




Dans la clarté, la merveille existe, son énergie spirituelle brille d'elle-même. 

On ne peut pas l'attraper, on ne peut donc pas l'appeler "ceci". On ne peut pas l'effacer, on ne peut donc pas l'appeler " pas ceci". 

Au-delà de l'esprit de délibération et de discussion, quittez les restes de vos images ombreuses. 

Se vider du sens de sa propre existence est merveille. 



Cette merveille se concrétise à travers l'esprit encore et encore.

 L'esprit lune et son corps nuage se révèle directement dans chaque direction, sans avoir besoin de signes ni
de symboles.




Rayonnant de lumière dans toutes les directions, cela répond de façon juste aux êtres et pénètrent les sens-poussière sans confusion.

Dépassant toute obstruction, cela brille à travers tous les dharmas vides. 

Quittez vos conditionnements et entrez dans la pure et claire sagesse, et jouez, amusez-vous dans le samadhi!



Où pourrait-on se tromper?

Voilà comment explorer vraiment l'essence, la merveille.




Cultivating the Empty Field 
Zen Master Hongzhi


samedi 27 mai 2017

Moon in a dewdrop...







Une nuit au temple
la lune
au plus clair de mon visage...




Calligraphie: lulena
Photo: carlabrennan.com 

dimanche 21 mai 2017

Au soleil de la gentillesse

Au soleil de la gentillesse    
 


C’est dimanche, c’est soleil, c’est marché. On se presse, on se bouscule dans les allées étroites ; on traîne devant les étalages, on compare les prix, on réfléchit aux menus. Et puis, comme ça, parce qu’il faut beau, on achète des cerises bien rouges, des fraises toutes neuves, ou une botte de carottes nouvelles encore couvertes de terre. C’est printemps ! Une bonne humeur apparemment inépuisable emplit le marché : les embouteillages se dissipent en sourires, les pleurs d’enfants en grands rires, et les marchands font l’article tout en plaisantant avec leurs plus jolies clientes.
 




Et, parce qu’il fait trop beau pour rentrer chez soi, on s’attable aux petits cafés qui entourent la place, dans un fouillis de paniers, de chaises, de gens qui cherchent un peu plus de soleil, un peu plus de rires, un peu plus de ces moments heureux où nous aimons nos voisins, où nous discutons de tout et de rien avec des inconnus ; un moment d’amitié facile, de plaisanteries, de complicité dans ce repos du dimanche, d’un de ces dimanches ensoleillés de printemps où la vie a le parfum du lilas et le goût du petit noir.








   Un couple réussit à tirer deux chaises près de moi ; pleins de cabas, ils sont tout heureux de leur première visite - j’entends leurs réflexions,  bien sûr, nous bénéficions tous d’une unique grande conversation ! - à ce marché populaire. Sous la chaise du Monsieur, en bordure d’allée, s’installe leur mignon petit chien, yeux brillants, queue frétillante, qui tient bien lui aussi à profiter de cette luxueuse matinée de promenade. Une femme passe, se baisse pour le caresser ; et lui aussitôt de donner de grands coups de langue, ce qui fait rire tout le monde. 



 Commence alors un échange animé : « …mangé tous les rideaux…le nôtre… déterré la plante verte…Et les chaussures ! … » . Ravi d’entendre parler de ses exploits, le toutou se rapproche et se couche dans l’allée. Arrive le serveur. Appelé de ci de là, un autre café, un verre d’eau, deux bières, il court, il écoute, il revient, bon, parfois beaucoup plus tard, mais qui est pressé ce matin? Il transpire, ce n’est pas jour de fête pour lui, mais il garde le sourire.

  Son plateau couvert de consommations posé comme il se doit sur la paume de la main gauche, à hauteur des yeux pour ne heurter personne, il s’avance. Il se dépêche. Son pied heurte alors le chien, obstacle inattendu : il perd l’équilibre, fait quelque pas en titubant comme tiré par la chute annoncée du plateau, et, miracle de ce dimanche! se rétablit bien droit sur ses deux pieds et s’arrête. 

La terrasse a tout suivi ; quelques sourires, souvenirs de Laurel et Hardy, de Buster Keaton, suivis d’un murmure admiratif devant l’impeccable fin de ce numéro involontaire. Mais voilà que le serveur fait demi-tour vers le toutou et ses propriétaires qui prennent tous les trois l’air désolé. La terrasse suit toujours ; on se demande : va-t-il se fâcher ? Va-t-il gronder et jeter des regards noirs vers l’animal qui a failli lui faire faire un vol plané ? Tout le monde retient son souffle : ce dimanche joyeux, cette matinée lumineuse vont-ils s’obscurcir d’une querelle ? Moi à sa place, se disent certains….Quand même, quand on a une bête…



 Le serveur, sans un regard pour le couple mal à l’aise, se penche vers le chien, avec une mine affectueuse et un grand sourire et le caresse en disant : « Ah! Pauvre! J’ai failli te faire mal ! Excuse-moi… » Soupir collectif de soulagement. Gratitude devant cette gentillesse spontanée. C’est dimanche. C’est soleil.




magazine la Vie les Essentiels - Lulena

Illustrations:
aintourisme, ot-pomic, tourcoing, tourismecanaldumidi, toulon, lifeactuality, arles-tourisme, maslaq. 

samedi 13 mai 2017

Miracles 神通 !


 
Miracles? Qu'appelons-nous miracles ? Faire des miracles au quotidien ? Mais bien sûr, nous dit  M° Dogen...nous faisons des miracles à chaque instant...Notre vie entière est miracle, tout ce qui nous entoure est miracle, le monde n'est que miracle...Regardez:



           Le miracle quotidien: BUTSUJI
  



BUTSUJI: 仏事 mettre notre vie entière dans chaque activité.

Tous les actes quotidiens sont « butsuji »,  l'expression de la réalité ultime : mettre notre vie entière dans chaque tâche. C'est Gyoji, l'action sans début sans fin.


JINZU, 神通 Miracles: 

« Les miracles dont je parle sont les activités quotidiennes des Bouddhas » .

« Parce que la terre, l'herbe, les murs, les tuiles et les cailloux sont engagés dans l'activité de Bouddha, 

ceux qui reçoivent les bienfaits du vent et de l'eau... sont aidés de façon inconcevable (merveilleuse, MYO ) par la compassion du Bouddha, splendide et impensable  (MYO  ), et ils s' éveillent intimement à eux-mêmes – à leur véritable nature ».



M°Dogen, SBGZ : Bendowa

Photos: Lulena, Marylise


Pfff...c'est l'été 3

marché St Jean, valence