lundi 30 janvier 2017

Ouvrez les yeux!





                   koe nakuba
 

                sagi ushinahamu
 

                   kesa no yuki
       

            野に山に
     

         動くものなし
   

           雪の朝
  

    
Sur champs et montagnes
 

          rien ne bouge
 

         matin de neige
    

  



       
                     雪 の 枝 

                  夕日 ばさりと

                    落し けり
    
     
           Soleil couchant -

        
       tout à coup la neige 

     
       tombe d'une branche



Atsuko Ishida


      
       

                      はつ雪や

                  もの書けば消え

                     書けば消え

             Première neige

        ce que j’écris s’efface

        ce que j’écris s’efface



         Chiyo-Ni
 


deviantart. com
Sumi-Crow par  Tsukku 



samedi 21 janvier 2017

La verdadera luz- la véritable lumière...


Gatha de Kanzéon

Je prends refuge en Kanzéon,
le bodhisattva qui donne,
le bodhisattva qui révèle les bonnes graines de notre karma.
Grâce à Kanzéon,                           
nous pouvons voir

 la véritable lumière du Buddhadharma.
Grâce à Kanzéon,
nous pouvons purifier notre vie.

En voyant Kanzéon,
nous entrons dans le bonheur éternel;
en répétant le nom de Kanzéon,
nous entrons dans la pure lumière du Bouddha.

De l’aube au couchant,
nous répétons le nom de Kanzéon,
de l’aube au couchant,
nous gardons nos coeurs tournés vers 
Kanzéon.
De l’aube au couchant, nous sommes un avec 
Kanzéon
 
Kanzeon
Tomo refugio en Kanzeon,
aquél que da, aquél quien revela
nuestras buenas semillas del Karma;
gracias a Kanzeon podemos ver
la verdadera luz del Buda Dharma.

Gracias a Kanzeon podemos purificar nuestra vida;
orando Kanzeon entramos en la eterna felicidad:
repitiendo el nombre de Kanzeon,
entramos en la pura claridad del Buda.

De la mañana a la noche
repetimos el nombre de Kanzeon.
De la mañana a la noche mantenemos
nuestros corazones vueltos hacia Kanzeon.
De la mañana a la noche, somos uno con 
Kanzeon.



dimanche 15 janvier 2017

Faire venir l'hiver




Faire venir l'hiver n'est pas bien difficile – surtout ici, sur notre plateau. Il ne part jamais bien loin; tout au long de l'année, il rôde, il tourne, pousse deux ou trois nuages par-ci, une pincée de gel par-là…Si on lui crie bien fort: " Je t'ai vu! Je t'ai vu!", il s'éloigne gracieusement, un sourire dans les yeux, sans le moindre air coupable, le bougre!




Mais vient le moment: sans avoir besoin de nous concerter, nous savons qu'il est temps de le faire revenir et de l'accueillir pour de bon. 
En fait, nous l'aimons bien, cet hiver, même si nous le chassons de temps en temps à cause de son caractère envahissant! 

Nous reprenons les gestes millénaires, transmis de génération en génération. Il faut les faire bien, sans guetter du coin de l'œil, sans échanger de regards entendus avec son voisin, car l'hiver est susceptible, parfois et sa colère pèse lourd sur la terre. Mine de rien, donc, nous commençons: nous allons choisir quelques arbres bien secs dans la forêt et tout le village ensuite apporte les scies, et le pique-nique. Au retour, chacun emporte un tas de branches et d'un bout à l'autre de la montagne résonne le bruit des cognées...



Ça ne rate jamais: quelques jours plus tard, au réveil, une brume légère nous enveloppe, quelques feuilles de cerisier se révèlent tachées de rouge et de jaune. Nous faisons bien sûr comme si de rien n'était et nous continuons à scier et à refendre: on peut presque voir, à chaque coup de hache, une fleur se faner, une feuille tourbillonner vers le sol. 





Il faut alors souvent calmer les jeunes qui resteraient bien là, les yeux écarquillés, plantés dehors: " Tu as vu ça! Ça marche!" " Commence donc à rentrer les bûches", s'écrie le grand-père, et, au passage du petit-fils, à voix basse:" Et ne fais pas l'andouille…"Conseil accompagné d'une bonne claque sur le haut d'un crâne.





Maintenant que tout est bien mis en route, nous pouvons aller chacun à notre rythme: l'un rentre ses dahlias, l'autre prépare le tonneau de sable pour conserver les carottes, chez nous, nous nous activons à râper la choucroute. Et un matin, ah!, avant même d'ouvrir les yeux, nous le sentons, dans le goût de l'air, dans le silence de la terre, dans le chant de la rivière…Les petits se précipitent dehors, sans prendre le temps de mettre leurs chaussures, toute la maisonnée pousse des cris de joie: " Bienvenue! Bonjour! Bonjour!"  Et nous contemplons respectueusement le champ blanc de givre.



Le plus âgé donne la main au plus jeune, et ils s'avancent pour y tracer leurs empreintes, scellant ainsi une fois de plus l'alliance immémoriale de l'homme, de la terre et de l'hiver. 



Ensuite, tranquillement, nous retournons nous coucher et là, au creux de nos draps, nous laissons enfin éclater un grand rire: " On l'a eu! On l'a eu!" …Peut-être parce qu'il est au cœur de l'homme de croire davantage dans la rouerie que dans l'émerveillement…


Et que me reste-t-il à dire? Il en fut ainsi depuis l'époque de nos pères, et des pères de nos pères, mais je n'ignore pas qu'il est maintenant des hommes qui vivent loin des montagnes et des rivières, sans rires et sans jeux, sans cheminées et sans contes. Ils n'aiment ni pluie, ni froid ni chaleur; et j'ose à peine le dire, ils ne croient pas à notre tâche de gardiens. 




Ils prétendent qu'ils dominent le monde, qu'ils peuvent bousculer les saisons, cultiver sans la terre. Ils ne savent pas qu'il faut connaître la marche des montagnes et la douceur des pierres. Ils sont aussi ignorants que de jeunes chevreaux et plus arrogants qu'un troupeau de chèvres! Nous, nous apprenions aux enfants, mais qui leur apprendra, à eux, à aimer cette terre?



Photos: Lulena, Marcelo,  Fineartsamerica

lundi 9 janvier 2017

La neige vient...




En regardant la neige

La neige ne vient pas du ciel
mais d’un lieu plus lointain

Là où nous nous balancions
avant de naître ici

Elle vient du pays natal
où seule une balançoire vide est pendue

C’est pour cela
que nous sommes enchantés
par vos cheveux qui s’effritent au premier rayon de soleil

C’est une voix qui retourne à la vie

Là où notre curiosité
notre silence n’atteignent pas

De ce lieu si lointain
accourt la neige
pour devenir enfin un morceau de couleur


Moon Chung-hee Celle qui mangeait le riz froid Ed. Bruno Doucey

mardi 3 janvier 2017

Hé! Happy New Year!



Tout droit et hop! on y est! 

2017, une année légère- un vélo, quelques carottes et la joie du Dharma! 

Bienvenue! 



Dessin: Devin Amato dans le dernier Buddhadharma




Les murs des villes

A la dixième lune lorsque le vent  disperse les feuilles rouges sans autre raison tout paraît triste Fujiwara no Takamits...